Le magazine technique des équipements de production industrielle

Un demi-siècle de précision pour mieux façonner les cinquante prochaines années…

HORN

par Equip'Prod

50 ans, ça se fête ! C’est aussi l’occasion de rappeler qui est Horn, cette entreprise qui en cinq décennies a su se faire un nom chez les carburiers. Retour sur cette « success story » à l’allemande, reposant sur l’héritage familial, l’investissement et l’innovation.

Aperçu du site d’affûtage ultramoderne de Paul Horn GmbH.

1 500 salariés, 25 000 outils standard et près de 150 000 outils spéciaux sont produits afin de résoudre les problématiques d’usinage que rencontrent les industriels de plus de soixante-dix pays… Ces quelques chiffres donnent l’état de santé de ce carburier allemand né il y a tout juste un demi-siècle, qu’il n’a pas manqué de fêter en grande pompe sur le site de Tübingen, près de Stuttgart. L’occasion de réunir pendant près d’une semaine plusieurs milliers de personnes venues d’Europe et du monde entier découvrir les nombreuses solutions de Horn, son outil de production – de l’arrivée du carbure à la mise sous pli en passant par la production en tant que telle, ainsi que le nouveau bâtiment érigé il y a un peu plus de deux ans, sans oublier la Horn Akademie, véritable centre de formation à part entière, qui forme en moyenne 75 apprentis (vingt nouveaux chaque année) !

Vue d’un des ateliers qu’abrite le site de Tübingen

Présente dans tous les secteurs de l’industrie, en particulier l’automobile bien sûr, mais aussi la chimie, l’aéronautique et l’aérospatial, le médical ou encore la fabrication d’outils et de moules, la société Paul Horn GmbH a été fondée il y a un demi-siècle à Gomaringen dans la région de Tübingen. À l’avant-garde de la technologie de fabrication d’outils de précision pour les problématiques d’usinage exigeantes, Horn possède aujourd’hui des sites de production implantés au siège de la société à Tübingen ainsi qu’en Angleterre, en Italie, en République tchèque et aux États-Unis. En 2018, le volume des ventes en Allemagne s’élevait à 197 millions d’euros, et à environ 300 millions d’euros dans le monde. Avec son millier de collaborateurs travaillant pour la société en Allemagne (sur les 1 500 au total), Paul Horn est le plus grand employeur industriel de Tübingen.

De gauche à droite : Andreas Vollmer, Lothar Horn et son fils Markus Horn, co-dirigeant, lors de la conférence de presse à Stuttgart le 6 juin dernier

Des compétences fondamentales et un axe prioritaire porté sur la formation

Le savoir-faire de l’entreprise repose sur quatre piliers : le service interne de R&D, une technologie de revêtement propre, sa fabrication de carbure et des technologies de production uniques. Horn fabrique sur une surface de production de 30 000 m2 (incluant Horn Hartstoffe GmbH) des accessoires et des outils de haute précision pour l’usinage de gorges, l’usinage axial, la plongée de forme, le tronçonnage, le mortaisage, le tournage poli miroir, le filetage par tournage, l’usinage de tubes et manchons, le fraisage de gorges, rainures et filetages, le sciage en fraisage, le polygonage, le filetage par tourbillonnage, le fraisage poli miroir, l’alésage et le perçage. Les processus de production appliqués dans les bâtiments d’usine, nouvellement construits pour la plupart, ont été optimisés. Horn produit ainsi plusieurs millions de plaquettes de coupe par an, par lots de cent unités en moyenne, avec un taux d’automatisation pouvant atteindre 97 %.

Horn est présent dans tous les secteurs industriels, à commencer par l’automobile

Pour apprendre le métier de mécanicien industriel, les apprentis disposent d’une surface de 1 200 m2 équipée de machines à commande numérique modernes. La société propose de plus à ses clients et collaborateurs des activités d’éducation, de formation continue et de développement des compétences à travers la Horn Akademie. Il s’agit par exemple de formation continue en technicien industriel en outillage de coupe. Un programme de reconversion pour devenir conducteur de machines et d’installation est également proposé. Le plan de formation de la Horn Akademie comprend aussi des cours pour assistant administratif spécialisé en informatique.

Il faut dire que le directeur général Lothar Horn n’a pas hésité ces dernières années à investir massivement dans de nouveaux halls de production. En 2011, un nouveau bâtiment d’environ 5 000 m2 est sorti de terre, permettant ainsi de regrouper en interne tous les processus de moulage des outils en carbure. En 2011 et 2012, les investissements se sont élevés à 30 millions d’euros. Depuis 2013, la nouvelle usine fabrique également des ébauches et des pièces d’usure en carbure pour des sociétés extérieures. Trois ans plus tard, l’entreprise emménage dans un autre bâtiment de production de 20 000 m2, dont 12 000 sont consacrés à la production (l’administration ayant déménagé dans une nouvelle aile adjacente au bâtiment existant). Le total des investissements pour les deux bâtiments avec les machines et installations s’élève alors à 70 millions d’euros.

25 000 outils standard et près de 150 000 outils spéciaux sortent des lignes de production

S’ouvrir vers l’industrie 4.0 pour relever les défis du marché

Et les investissements de l’entreprise ne s’arrêtent pas là puisqu’un futur bâtiment devrait voir le jour aux Etats-Unis, faisant passer la superficie du site de Nashville de 4 000 à 12 000 m2 dans le but d’accroître la production et de l’élargir vers les porte-outils. Autres sujets pour Horn cette année, la création d’une filiale en Russie, mais également les incertitudes liés au Brexit et au tournant que connaît aujourd’hui l’automobile (le domaine « Automotive » représente près de 55% de l’activité du carburier). De plus, les efforts permanents en matière de R&D devraient permettre à Horn de relever ces défis conjoncturels, « et cela passe notamment par nos nombreuses nouveautés – on en dénombre déjà plus d’une cinquantaine depuis le début de l’année ! », rappelle Andreas Vollmer, directeur des ventes de Horn. Et Markus Horn, l’un des trois directeurs de l’entreprise familiale, de rappeler l’engagement de Horn dans l’industrie 4.0 : « nous prenons aujourd’hui le chemin de la digitalisation et de l’automation avec des outils automatiques et intelligents [à l’exemple du système PTS* – NDLR] ; déjà, notre production est fortement automatisée, nous permettant de livrer nos clients plus rapidement, avec des outils de meilleure qualité ».

Nouvelle géométrie WT de Horn spécialement conçue pour l’usinage du titane. Présenté à l’occasion des Journées technologiques, cet outil était combiné à un capteur de force Kistler

Une nouvelle géométrie de plongée pour le titane avec surveillance par capteurs

Lors des Journées technologiques à Tübingen, Horn a présenté pour la première fois la toute nouvelle géométrie de plongée pour le tronçonnage du titane. La géométrie WT a été spécifiquement conçue pour le titane à l’aide de simulations approfondies. Elle a démontré son efficacité d’emblée avec le tronçonnage de vis orthopédiques fabriquées dans ce matériau exigeant. Cette géométrie adaptée assure une fragmentation plus sûre des copeaux et une coupe douce. Les avances sont plus importantes, ce qui se traduit par un temps d’usinage réduit et permet d’augmenter également la durée de vie jusqu’à 60 %, comme le prouvent les tests effectués. Les plaquettes de type 224 dotées de la nouvelle géométrie WT sont disponibles avec des largeurs de 2, 2,5 et 3 mm dans la nuance IG35. Elles sont conçues pour des porte-outils de type H224.

Par ailleurs, en étroite collaboration avec Paul Horn GmbH, le groupe Kistler (spécialiste des technologies de mesure dynamique de la pression, des forces, du couple et de l’accélération) a mis au point une solution de surveillance en temps réel des outils lors des opérations de micro-tournage. Le système d’outil piézo (Piezo Tool System, PTS) se compose d’un capteur de force inséré dans l’outil de tournage et fournit des informations sur l’état de l’outil pendant l’usinage. Le capteur piézo extrêmement miniaturisé mesure avec une résolution élevée même les forces d’usinage les plus faibles. L’opérateur de la machine peut reconnaître immédiatement les matériaux et matériaux de coupe défectueux ou une rupture d’outil. Le résultat : un gaspillage minimal et une qualité maximale.

EQUIP’PROD  •  N° 111 Juin 2019