Le magazine technique des équipements de production industrielle

Quand la technologie vient à la rencontre d’un métier ancestral

MASTERCAM / BOUTROUÉ

par Equip'Prod

Installé depuis plus d’un siècle dans la capitale, le dernier maître graveur parisien a fait appel à la CFAO de Mastercam il y a près de quinze ans. Cette parfaite association de la tradition et de la technologie a permis à Boutroué de mieux répondre aux demandes de ses clients du luxe en matière de complexité de pièces et de délais.

>> Dernier maître-graveur, Boutroué a fait de la précision son fer de lance (© Intense Look / Martin Eggert)


>> Un des nombreux exemples de gravures, dont Boutroué est l’un des rares spécialistes en France (© Intense Look / Martin Eggert)

Paris est incontestablement la capitale du luxe. Mais derrière les paillettes et les magnifiques vitrines de la place Vendôme et du triangle d’or se cachent encore quelques ateliers de production. Certes, ceux-ci ne sont plus très nombreux, beaucoup ayant déménagé en banlieue et en province (comme en Rhône-Alpes) pour des raisons d’espace, d’accessibilité et de normes. Mais pour Laurent Savonneau, dirigeant de la toute dernière société de gravure parisienne (qu’il a rachetée en 1997), « même lorsque nous avons dû quitter le quartier historique de la République, il était hors de question de franchir la barrière du périphérique ». Il faut dire que pour beaucoup de ses clients, appartenant essentiellement aux métiers du luxe tels que la joaillerie et la maroquinerie, maintenir une fabrication à l’intérieur des frontières parisiennes est toujours mieux perçu et plus pratique pour gagner le centre de la capitale.

Mais la proximité géographique n’aurait pas suffi au dernier maître graveur de Paris pour résister aux nombreuses crises qu’a traversées le métier (concurrence chinoise, nouvelles technologies comme l’impression à encre, le numérique ou encore le laser et la gravure chimique…) ; « d’autant qu’à Paris, les graveurs n’ont pas su prendre le virage industriel comme les sociétés qui se sont installées en région lyonnaise ou dans le Jura, explique Laurent Savonneau. Nos clients sont de plus en plus exigeants en matière d’outillage car les formes et les géométries de leurs produits sont toujours plus complexes. Par ailleurs, le marché du luxe s’est fortement imposé ces dernières années ; les clients veulent des pièces plus luxueuses et donc beaucoup plus précises et bien finies ». 

Un outil de production digne d’une PME industrielle

>> Le parc de machines haut de gamme a permis à l’entreprise de gagner en précision et de se diversifier (© Intense Look / Martin Eggert)

Face à l’évolution du marché, l’entreprise parisienne a su très vite réagir. Car, s’il a fallu gagner la bataille des compétences (des secteurs en pleine croissance tels que l’aéronautique ayant mis en tension les métiers de la mécanique), Boutroué a dû mener une autre bataille, celle de la technologie. Pour ce faire, la société investit en l’espace de quelques années dans sept machines industrielles ; parmi elles, des machines à commande numérique 3, 4 et 5 axes, certaines dotées de palpeur de mesure 3D, de la découpe laser et de la découpe à fil et d’enfonçage par électro-érosion, des machines de tournage et de décolletage. 

Au total, les sept salariés travaillent dans un atelier de 700 m², notamment sur des machines DMG Mori pour des grands noms du luxe, les opérations s’articulant autour d’un logiciel de CFAO, essentiel pour relever les nouveaux défis de la gravure industrielle. Mais pour mettre en musique l’atelier de production et gérer les opérations d’usinage et de gravage, Boutroué avait besoin d’une solution informatique. L’entreprise investit alors dans un logiciel mais, mal accompagnée, elle se rend compte que cette solution tant attendue, en plus d’être trop basique, « n’était ni pratique ni adaptée à nos machines ». Chez Boutroué, c’est la déception. Mais l’entreprise ne s’avoue pas vaincue et part à la recherche d’un partenaire chargé de lui trouver la bonne technologie. Elle se rapproche donc de la société N2C qui l’oriente vers la solution de CFAO Mastercam. 

Un logiciel de CFAO à la fois performant et simple d’utilisation

>> Depuis près de quinze ans, Boutroué utilise la CFAO Mastercam (© Intense Look / Martin Eggert)

Après avoir effectué les nombreux tests nécessaires, le driver parisien pour la CFAO de l’éditeur américain Mastercam. « Outre le fait que le logiciel de Mastercam était parfaitement adapté à nos besoins, nous avons au sein de l’équipe beaucoup apprécié la réactivité, le soutien et la proximité à la fois géographique et humaine de N2C, dévoile Laurent Savonneau. De plus, nous connaissions déjà la réputation de Mastercam et ses post-processeurs déjà éprouvés qui nous ont été mis à disposition. » Convaincu, Boutroué commence par investir en 2006 dans une licence de fraisage et de découpage, avant de passer du 3 au 5 axes puis aux 4 axes et au module de tournage. 

>> Mmm (© Intense Look / Martin Eggert)

« Nous possédons à ce jour la quasi totalité des modules de Mastercam », révèle le directeur qui explique que le logiciel est à la fois facile d’accès, intuitif et doté d’un graphisme convivial. « Il n’est pas perturbant même s’il est particulièrement complet ; je peux même, à l’occasion, former un jeune qui, en moins d’une heure, est capable de programmer une pièce. » il faut dire que l’équipe de production utilise la CFAO pour à peu près tout, de l’usinage de forme à l’usinage 2D et 3D, en passant par les opérations de découpage et de tournage de pièces ainsi que le surfaçage ; « on utilise Mastercam pour la moindre opération d’usinage : cela représente un gain de temps énorme et tout reste en mémoire. Par ailleurs, cela présente l’avantage de travailler en réseau ; tout ce qu’on fabrique passe par Mastercam ».

Associé à un parc de machines digne d’une petite PME industrielle, la CFAO
de Mastercam a sans aucun doute permis à l’entreprise de survivre, le logiciel et l’outil de production lui donnant la possibilité de fabriquer des produits de frappe de très haute qualité, de travailler sur un champ très large d’applications en changeant de série rapidement et d’obtenir une qualité de poinçon reconnue dans le métier… à tel point que le dirigeant de l’entreprise a même convaincu certains de ses clients d’adopter une CFAO ! 

EQUIP PROD • N°123 Novembre/Décembre 2020